Qu’est-ce que la corrélation ?

Les bases du trading

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Qu’est-ce que la corrélation ?

La Correlation : Définition

Qu’est-ce que la corrélation ? Définition et termes clés

La corrélation est une mesure statistique qui décrit le degré et la direction de la relation entre deux variables. Dans le contexte du trading et de l’investissement, elle indique généralement comment les mouvements de prix d’un actif sont liés à ceux d’un autre. Le coefficient de corrélation varie de –1 à +1 :

  • +1 (corrélation parfaitement positive) : Lorsque le prix d’un actif augmente ou diminue, celui de l’autre évolue toujours dans la même direction, dans des proportions équivalentes.
  • –1 (corrélation parfaitement négative) : Lorsque le prix d’un actif évolue dans une direction, celui de l’autre bouge exactement dans la direction opposée, également de manière proportionnelle.
  • 0 (corrélation nulle) : Il n’existe aucune relation linéaire constante entre les mouvements de prix des deux actifs.

Principales mesures de corrélation

Coefficient de corrélation de Pearson (r de Pearson)

  1. Définition : Mesure la force et la direction d’une relation linéaire entre deux variables continues.
  2. Plage : De –1 à +1. Les valeurs proches de +1 ou –1 indiquent une forte relation linéaire ; les valeurs proches de 0 suggèrent une corrélation faible voire inexistante.
  3. Interprétation :
  • 0,7 ≤ r ≤ 1,0 : Corrélation positive forte
  • 0,3 ≤ r < 0,7 : Corrélation positive modérée
  • –0,3 < r < 0,3 : Corrélation faible ou négligeable
  • –0,7 < r ≤ –0,3 : Corrélation négative modérée
  • –1,0 ≤ r ≤ –0,7 : Corrélation négative forte

Coefficient de corrélation des rangs de Spearman (ρ de Spearman)

  1. Définition : Mesure non paramétrique qui évalue dans quelle mesure la relation entre deux variables peut être décrite par une fonction monotone. Contrairement à Pearson, elle se base sur les rangs des données plutôt que sur leurs valeurs brutes.
  2. Plage : De –1 à +1, avec une interprétation similaire à celle du coefficient de Pearson, mais plus robuste face aux valeurs aberrantes et aux relations non linéaires.

Autres mesures moins courantes (à titre informatif) :

  1. τ de Kendall : Autre mesure fondée sur les rangs, évaluant l’association ordinale entre deux variables.
  2. Corrélation bisérielle ponctuelle : Utilisée lorsque l’une des variables est dichotomique (ex. : classification hausse/baisse) et l’autre continue.

Glossaire des termes clés

  • Corrélation positive : Deux variables évoluent dans la même direction — par exemple, si le rendement de l’actif A augmente, celui de l’actif B a tendance à augmenter également.
  • Corrélation négative : Deux variables évoluent dans des directions opposées — par exemple, si le rendement de l’actif A augmente, celui de l’actif B a tendance à diminuer.
  • Corrélation nulle (ou quasi nulle) : Absence de relation linéaire identifiable ; les mouvements de prix semblent indépendants.
  • Corrélation fallacieuse : Relation apparente entre deux variables, mais qui résulte d’un facteur tiers ou du hasard.
  • Corrélation glissante : Calcul de la corrélation sur une fenêtre mobile dans le temps (ex. : corrélation de Pearson sur 30 jours) afin d’observer son évolution.
  • Matrice de corrélation : Tableau présentant les coefficients de corrélation par paires entre plusieurs actifs, couramment utilisé pour évaluer la diversification globale d’un portefeuille.

Pourquoi la corrélation est-elle importante pour les traders ?

Comprendre la corrélation permet aux traders et aux gestionnaires de portefeuille de :

  • Diversifier les portefeuilles : En combinant des actifs faiblement ou négativement corrélés, il est possible de réduire le risque global sans compromettre les rendements attendus.
  • Couvrir les positions : Les traders peuvent compenser le risque — par exemple, si deux paires de devises sont négativement corrélées, une position longue sur l’une peut couvrir une position courte sur l’autre.
  • Identifier les régimes de marché : Les corrélations entre classes d’actifs augmentent souvent lors des périodes de stress (ex. : actions et marchés du crédit pendant la crise de 2008), signalant un risque systémique accru.

Limites et pièges courants

Bien que la corrélation soit un outil puissant pour analyser les relations entre actifs, plusieurs mises en garde doivent être prises en compte :

  • La corrélation n’implique pas la causalité
    • Le fait que deux actifs évoluent dans la même direction ne signifie pas que l’un cause les mouvements de l’autre. Par exemple, lors d’un boom des matières premières, le prix du pétrole et certaines actions peuvent augmenter simultanément, sans que le pétrole soit directement à l’origine de la hausse des actions — un facteur économique sous-jacent peut influencer les deux.
    • Corrélations fallacieuses : Parfois, deux variables apparemment sans lien présentent une forte corrélation par simple coïncidence ou en raison d’un facteur caché. Exemple : les ventes de glace et les performances boursières peuvent toutes deux augmenter en été, mais cela ne signifie pas que l’achat de glace améliore le rendement d’un portefeuille.
  • Les corrélations évoluent dans le temps (changements de régime)
    • Les marchés ne sont pas statiques. Une relation observée à une période donnée peut ne plus tenir dans un autre contexte. Par exemple, les actions et les obligations d’État ont historiquement une corrélation faible ou négative en conditions normales, mais peuvent évoluer ensemble lors de périodes de stress extrême.
    • Variabilité des corrélations glissantes : Une corrélation statique basée sur l’historique (ex. : sur l’année écoulée) peut ne pas refléter les changements soudains. Les traders utilisent souvent des fenêtres mobiles (par exemple 30 ou 90 jours) pour suivre l’évolution des corrélations et ajuster leurs positions en cas de découplage.
  • Taille de l’échantillon et choix de la période d’analyse
    • Un échantillon réduit (ex. : rendements quotidiens sur un mois) peut générer des estimations de corrélation instables. Des fenêtres trop courtes amplifient le bruit et peuvent induire en erreur.
    • À l’inverse, une période trop longue (plusieurs années) peut masquer des changements récents. Il est donc essentiel de choisir une fenêtre adaptée à votre horizon de détention ou de trading.
    • Biais rétrospectif : Évitez d’optimiser une stratégie uniquement sur la base de données historiques qui ne sont peut-être plus représentatives du comportement futur du marché.
  • Hypothèse de linéarité
    • Le coefficient de Pearson mesure uniquement les relations linéaires. Si deux actifs présentent une relation non linéaire — par exemple, l’un évolue selon le carré ou le logarithme de l’autre — alors Pearson peut sous-estimer leur interdépendance.
    • Dans ce cas, des mesures fondées sur les rangs comme le ρ de Spearman ou des techniques avancées (ex. : copules) peuvent mieux détecter ces dépendances complexes.
  • Dépendance excessive aux matrices de corrélation
    • Une matrice de corrélation indique les relations par paires entre actifs, mais ne tient pas compte des interactions multivariées entre trois actifs ou plus. Dans un portefeuille complexe, des modèles factoriels (comme l’analyse en composantes principales) peuvent fournir une vision plus fine des interactions entre groupes d’actifs.
    • Mythe de la diversification : Même si deux actifs montrent une faible corrélation historique, un événement extrême peut les synchroniser. Exemple : lors de la crise financière de 2008, de nombreux actifs supposés non corrélés ont affiché une corrélation fortement positive, réduisant ainsi les avantages de la diversification.

Vous souhaitez surveiller l’évolution des corrélations en temps réel ? Testez notre compte démo et explorez les indicateurs de corrélation glissante sur les plateformes AvaTrade MT4/MT5.

Applications pratiques dans la construction de portefeuille

L’analyse de corrélation constitue un pilier fondamental de la construction de portefeuille. En comprenant comment différents actifs évoluent les uns par rapport aux autres, les traders et les investisseurs peuvent prendre des décisions plus éclairées en matière de diversification, de couverture et de gestion des risques.

Voici les principales façons d’utiliser la corrélation pour bâtir et maintenir un portefeuille bien équilibré :

Utiliser une matrice de corrélation pour diversifier

Une matrice de corrélation présente les coefficients de corrélation par paires entre un ensemble d’actifs (par exemple : actions, obligations, or, paires de devises).

L’analyse de cette matrice permet d’identifier quels actifs sont fortement corrélés (proches de +1), faiblement ou non corrélés (autour de 0), ou négativement corrélés (proches de –1).

Exemple de matrice de corrélation (corrélation de Pearson sur 6 mois glissants – données hypothétiques) :

Actif

Actions

Obligations

Or

EUR/USD

USD/JPY

Actions

1.00

–0.23

0.15

0.34

0.18

Obligations

–0.23

1.00

0.02

–0.10

0.05

Or

0.15

0.02

1.00

–0.05

–0.12

EUR/USD

0.34

–0.10

–0.05

1.00

–0.78

USD/JPY

0.18

0.05

–0.12

–0.78

1.00

Dans cette illustration, l’EUR/USD et l’USD/JPY présentent une forte corrélation négative (–0,78).

Si un trader détient une position longue sur l’EUR/USD et craint une appréciation du yen entraînant une hausse de l’USD/JPY, il pourrait utiliser l’USD/JPY comme couverture partielle.

À l’inverse, les actions et les obligations affichent une légère corrélation négative (–0,23), ce qui peut contribuer à lisser la volatilité globale du portefeuille.

Pour approfondir la théorie de la diversification de portefeuille, consultez notre guide Stratégies de diversification.

Équilibrer le risque grâce à la sélection d’actifs

Après avoir établi une matrice de corrélation, il est possible d’identifier des combinaisons d’actifs qui réduisent la volatilité globale du portefeuille sans diminuer de manière significative les rendements attendus.

Exemple : si l’or présente une corrélation quasi nulle avec les actions, allouer une part du capital à l’or peut servir de protection lors des phases de repli des marchés actions.

Diversification sectorielle et géographique : l’analyse de corrélation ne se limite pas aux classes d’actifs. Elle peut aussi être appliquée aux secteurs (ex. : valeurs technologiques vs valeurs de services publics) ou aux régions (ex. : actions des marchés émergents vs obligations des marchés développés).

En choisissant des secteurs ou des régions à faible corrélation, vous réduisez le risque de concentration.

Scénario : équilibrer un portefeuille type

Imaginons un portefeuille composé de 60 % d’actions, 30 % d’obligations et 10 % d’or.

Au cours du trimestre écoulé, la matrice de corrélation montre que les actions et les obligations évoluent de plus en plus ensemble (corrélation moyenne de Pearson de +0,5).

Pour réduire le risque de baisse potentielle, vous pourriez :

  • Réduire l’exposition aux actions : abaisser l’allocation en actions à 50 %.
  • Augmenter l’allocation à l’or : passer à 20 %, puisque la corrélation de l’or avec les actions reste proche de 0,15.
  • Introduire une paire de devises faiblement corrélée : ajouter une petite position sur l’USD/CHF, qui a historiquement présenté une corrélation négative avec les actions en période d’aversion au risque.

En procédant à ces ajustements, la volatilité globale du portefeuille peut diminuer. Le fait de recalculer régulièrement la matrice de corrélation (par exemple chaque mois) permet de suivre l’évolution des relations entre actifs au fur et à mesure des changements de régime de marché.

Études de cas réelles et scénarios historiques

L’analyse des événements de marché passés et des relations entre actifs permet d’illustrer le comportement des corrélations dans différents contextes.

Voici deux études de cas illustratives — l’une sur un épisode de stress généralisé, l’autre sur les paires de devises — qui démontrent les implications pratiques de la dynamique de corrélation.

Étude de cas : la crise financière de 2008

Lors de la crise financière de 2008, les corrélations entre de nombreuses classes d’actifs ont convergé vers +1, réduisant fortement les avantages de la diversification. Principales observations :

  • Actions et instruments de crédit
    • Avant 2007, les principaux indices boursiers (par exemple le S&P 500) et les obligations d’entreprises de qualité (indices de crédit) affichaient une corrélation modérément faible (r de Pearson entre 0,2 et 0,4).
    • À l’effondrement de Lehman Brothers en septembre 2008, la peur d’un effondrement systémique a déclenché un mouvement de fuite vers la sécurité. Les actions ont chuté et les écarts de crédit se sont élargis simultanément, entraînant une corrélation supérieure à +0,8 pendant plusieurs mois.
    • Implication : Les portefeuilles combinant actions et crédit, en supposant une faible corrélation, ont subi des pertes simultanées. Cette convergence a démontré que la « diversification de sécurité » peut s’effondrer sous stress extrême.
    • Source : Voir le document de travail n° 284 de la BRI : “Co-movement in commodity and equity markets” (2008).
  • Actions et matières premières (pétrole et or)
    • Historiquement, le pétrole et les actions affichaient parfois une corrélation positive modérée (r entre 0,3 et 0,6).
    • Fin 2008, la chute de la demande mondiale a provoqué un effondrement des prix du pétrole. Les marchés actions ont également chuté, bien que dans des proportions différentes. La corrélation entre les contrats à terme sur le pétrole brut et les indices boursiers a brièvement atteint +0,7.
    • L’or — traditionnellement perçu comme valeur refuge — a d’abord progressé mi-2008, avec une corrélation négative (environ –0,4) avec les actions. Mais à mesure que les tensions de liquidité s’intensifiaient, l’or a été vendu avec d’autres actifs, entraînant sa corrélation vers +0,5 en novembre 2008.
    • Implication : Même les actifs réputés défensifs peuvent devenir corrélés positivement en cas de ventes forcées ou d’appels de marge généralisés.
    • Référence : Global Financial Stability Report, FMI, octobre 2008.
  • Enseignements tirés :
    • Failles de diversification : En période de panique, les actifs convergent, réduisant l’efficacité de la diversification.
    • Gestion dynamique du risque : Suivez en permanence les corrélations glissantes plutôt que de se baser sur des moyennes historiques.
    • Tests de résistance : Intégrez des scénarios extrêmes dans les simulations de portefeuille, en supposant par exemple une corrélation à +1.

Étude de cas : relations entre paires de devises (EUR/USD vs USD/CHF)

Certaines paires de devises majeures présentent historiquement une forte corrélation négative, notamment en raison des politiques monétaires européenne et suisse, ainsi que des flux de capitaux vers des actifs refuges.

  • Corrélation négative à long terme
    • Entre 2000 et 2019, les rendements quotidiens de l’EUR/USD et du USD/CHF ont souvent affiché des corrélations de Pearson entre –0,85 et –0,95. Lorsque l’euro s’appréciait face au dollar, le franc suisse avait tendance à s’affaiblir d’une ampleur similaire, et inversement.
    • Facteurs fondamentaux : L’économie suisse et la Banque nationale suisse (BNS) maintiennent traditionnellement des taux d’intérêt inférieurs à ceux de la zone euro, ce qui entraîne des flux de capitaux créant cette relation « en miroir ».
  • Utilisation dans les stratégies de couverture et de trading
    • Exemple de couverture : Un trader long sur EUR/USD souhaitant se couvrir contre une exposition à l’euro peut vendre à découvert USD/CHF. La forte corrélation négative permet, en théorie, à l’une des positions de compenser l’autre lors de variations des taux de change.
    • Épisodes de rupture de corrélation
      • Lors du « choc du franc suisse » en 2015, la BNS a soudainement abandonné le taux plancher de l’EUR/CHF. Le franc s’est fortement apprécié face à l’euro et au dollar. Dans ce contexte de turbulence, la corrélation entre EUR/USD et USD/CHF s’est temporairement affaiblie jusqu’à –0,4, en raison des tensions de liquidité et des mouvements de capitaux désordonnés.
      • Implication : Même des corrélations historiquement stables peuvent se détériorer en cas de chocs de politique monétaire ou de volatilité extrême. Il est conseillé aux traders de définir des seuils d’alerte (par exemple si r dépasse –0,6) pour réévaluer les couvertures.
    • Source : Étude de la BRI “Exchange Rate Co-movements and Coordination” (Working Paper No. 123, 2015).
    • Conseil de trader : En période calme, une couverture simple EUR/USD/CHF peut réduire le risque de position jusqu’à 60 % comparé à une seule paire. Toutefois, lors du choc de la BNS, les positions à effet de levier sur les deux paires ont entraîné d’importants appels de marge.

Explorez comment ces cas historiques peuvent s’appliquer à vos propres stratégies en ouvrant un compte démo et en testant rétroactivement les régimes de corrélation passés.

Guides pratiques étape par étape : Calculer et interpréter les corrélations

Savoir calculer et interpréter les coefficients de corrélation est essentiel pour appliquer efficacement l’analyse de corrélation à vos décisions de trading ou d’investissement.

Dans cette section, nous présentons deux approches concrètes : l’une via un tableur (comme Excel) et l’autre via une plateforme de trading (comme MT4/MT5). Ces méthodes vous permettront d’extraire des données historiques, de calculer des corrélations glissantes et d’en tirer des conclusions utiles.

Extraction des données de prix historiques

Choisissez votre source de données :

  • Téléchargez les données de prix historiques auprès d’une source fiable (par exemple : Investing.com, Yahoo Finance ou l’outil de téléchargement de données de votre courtier).
  • Sélectionnez la période correspondant à votre horizon d’analyse (ex. : 1 an pour une corrélation glissante sur 30 jours, ou 5 ans pour une vue à long terme).

Formatez vos données :

  • Assurez-vous que les deux jeux de données partagent la même fréquence (ex. : clôtures journalières).
  • Alignez les dates en créant une colonne principale de dates (par exemple, colonne A dans Excel), puis utilisez les fonctions RECHERCHEV ou INDEX/EQUIV pour faire apparaître les prix de clôture de chaque actif dans des colonnes séparées (ex. : colonnes B et C).
  • Supprimez les lignes contenant des valeurs manquantes (ex. : jours fériés) afin d’obtenir des séries continues et propres pour les deux actifs.

Calcul d’un coefficient de corrélation simple dans Excel

  1. Sélectionnez votre plage de données :
    • Supposons que la colonne B contienne les rendements journaliers de « l’actif A » (ex. : EUR/USD) et la colonne C ceux de « l’actif B » (ex. : USD/CHF).
    • Assurez-vous que les cellules B2:B et C2:C contiennent des rendements alignés (calculés comme (cours du jour – cours de la veille) / cours de la veille, ou utilisez les rendements logarithmiques : LN(cours du jour / cours de la veille)).
  2. Utilisez la fonction CORREL :
    • Dans une cellule vide, tapez : =CORREL(B2:B[n]; C2:C[n])
    • Appuyez sur Entrée pour obtenir le coefficient de corrélation de Pearson sur toute la période analysée.
    • Interprétation : Un résultat de –0,85 indique une forte corrélation négative ; +0,30 indique une corrélation positive faible.
  3. Conseil (optionnel mais recommandé) :
    • Plutôt que d’utiliser les prix bruts, calculez les rendements journaliers ou les rendements logarithmiques dans des colonnes séparées. Utilisez ces colonnes comme base pour la fonction CORREL afin d’obtenir une mesure plus précise de la co-mobilité.

Calcul des corrélations glissantes dans Excel

  1. Définissez la fenêtre glissante :
    • Choix courants : 30, 60 ou 90 jours selon votre horizon de trading. Une fenêtre de 30 jours convient aux traders à court terme ; 90 jours pour une analyse de moyen terme.
  2. Mettez en place le calcul glissant :
    • Dans la cellule D31 (en supposant que la ligne 2 est votre première observation de rendement), entrez : =CORREL(B2:B31; C2:C31)
    • Cela calcule la corrélation sur 30 jours pour les lignes 2 à 31.
    • Copiez la formule vers le bas dans la colonne D, de sorte que D32 contienne =CORREL(B3:B32; C3:C32), et ainsi de suite jusqu’à la fin de l’échantillon.
  3. Tracez la corrélation glissante (optionnel) :
    • Sélectionnez la colonne D (valeurs de corrélation glissante) et insérez un graphique en courbes pour visualiser l’évolution de la corrélation dans le temps.
    • Interprétation : Surveillez les périodes où la courbe se rapproche de +1 (forte corrélation positive) ou de –1 (forte corrélation négative). Les variations brutales peuvent signaler un changement de régime.
  4. Analyse des résultats :
    • Une corrélation glissante régulièrement négative (ex. : –0,8 ou moins) indique un bon potentiel de couverture.
    • Si la corrélation se rapproche de zéro ou change de signe, cela suggère que la relation historique se dégrade — il peut être nécessaire d’ajuster vos couvertures ou votre stratégie de diversification.

Calculer les corrélations dans MT4/MT5

Voici un guide étape par étape pour utiliser les plateformes MT4 et MT5 afin de récupérer des données de prix, appliquer des indicateurs de corrélation intégrés ou personnalisés, exporter les données vers un tableur, et configurer des alertes.

Récupération des données historiques via le Centre d’historique

  1. Ouvrir le Centre d’historique :
    • MT4 : cliquez sur Outils → Centre d’historique (ou appuyez sur F2).
    • MT5 : cliquez sur Affichage → Symboles, sélectionnez votre instrument, puis cliquez sur Télécharger. Ou bien Outils → Centre d’historique.
  2. Sélectionner l’instrument et l’unité de temps :
    • Dans la fenêtre du Centre d’historique, choisissez le symbole souhaité (ex. : EURUSD) et la période (ex. : D1 pour des barres quotidiennes, H1 pour horaires).
    • Cliquez sur Télécharger pour récupérer les données manquantes depuis le serveur du courtier.
  3. Exporter les données en CSV (si nécessaire) :
    • Sélectionnez la période concernée (ex. : EURUSD D1) puis cliquez sur Exporter (MT4) ou Exporter en CSV (MT5).
    • Enregistrez le fichier sur votre ordinateur. Répétez l’opération pour le second actif (ex. : USDCHF).
  4. Formater les données exportées :
    • Le fichier CSV contient les colonnes : Date, Heure, Ouverture, Haut, Bas, Clôture, Volume.
    • Importez les deux fichiers dans Excel, alignez les dates, puis calculez les rendements journaliers (ex. : (Clôture_t – Clôture_t–1) / Clôture_t–1) avant d’appliquer la fonction =CORREL, comme décrit dans notre guide Excel.

Utilisation de l’indicateur de corrélation intégré

MT4 et MT5 proposent un indicateur « Coefficient de corrélation » qui calcule un r de Pearson glissant entre deux instruments.

  1. Ajouter les deux instruments à l’espace de travail :
    • Ouvrez deux graphiques (ex. : EURUSD et USDCHF).
    • Dans MT5, vous pouvez les afficher côte à côte via Fenêtre → Répartir verticalement.
  2. Appliquer l’indicateur :
    • MT4 :
    • Ouvrez le panneau Navigateur (Ctrl+N), développez la section Indicateurs.
    • Recherchez « Correlation Coefficient » (intégré ou personnalisé).
    • Faites glisser l’indicateur sur le graphique EURUSD.
    • MT5 :
    • Navigateur → Indicateurs → Correlation Coefficient.
    • Double-cliquez pour l’appliquer au graphique EURUSD.
  3. Configurer les paramètres de l’indicateur :
    • Symbole à comparer : saisissez le second instrument (ex. : “USDCHF”).
    • Période : définissez la fenêtre glissante (ex. : 30 pour une corrélation sur 30 jours, ou 100 pour 100 périodes en H1).
    • Prix utilisé : « Clôture » est recommandé.
    • Décalage : laissez à 0 sauf besoin spécifique.
    • Cliquez sur OK. L’indicateur s’affichera dans une sous-fenêtre avec des valeurs comprises entre –1 et +1.
  4. Interprétation du graphique de corrélation :
    • Les valeurs proches de +1 indiquent une relation linéaire forte et positive ; celles proches de –1, une relation négative forte.
    • Survolez la ligne pour lire les valeurs exactes à chaque date.
    • Astuce trading : si la ligne approche de zéro après avoir été extrême (ex. : de –0,8 vers –0,6), réévaluez vos stratégies de couverture.

Utiliser des indicateurs de corrélation personnalisés ou multi-actifs

  1. Installer un indicateur de matrice de corrélation :
    • Recherchez sur le Market MQL5 ou le CodeBase MQL4 : « Correlation Matrix MT4 » ou « Heat Map MT5 ».
    • Téléchargez le fichier .ex4 (MT4) ou .ex5 (MT5).
    • Copiez-le dans le dossier MQL4/Indicators ou MQL5/Indicators (ex. : C:\Program Files\MetaTrader 4\MQL4\Indicators).
  2. Compiler et attacher l’indicateur :
    • Redémarrez MT4/MT5.
    • Dans le Navigateur, accédez à Indicateurs → Personnalisés, puis appliquez la matrice sur un graphique.
    • Sélectionnez plusieurs symboles (jusqu’à 10) et la période (M15, H1, D1).
    • Configurez les seuils couleur : vert pour > +0,7, jaune pour entre +0,3 et –0,3, rouge pour < –0,7. Cliquez sur OK.
  3. Comprendre l’affichage :
    • Le tableau affiche les coefficients de corrélation entre les instruments choisis.
    • Les cellules vertes indiquent des actifs très corrélés, les rouges des opportunités de couverture.

Exportation des données de corrélation et configuration d’alertes

Exporter les valeurs de corrélation :

  1. Activer l’enregistrement des données de l’indicateur :
    • Certains indicateurs permettent de journaliser les valeurs dans les onglets Experts ou Journal.
    • Dans les propriétés de l’indicateur, activez « Écrire dans un fichier » ou « Enable Logging ». Spécifiez un nom de fichier (ex. : EURUSD_USDCHF_corr.csv).
    • En l’absence de cette option, vous pouvez copier manuellement les données depuis le graphique.
      1. Faites un clic droit sur la sous-fenêtre où la ligne de corrélation est affichée.
      2. Choisissez Propriétés → Général, puis cochez « Autoriser l’importation de DLL » (si requis par l’indicateur personnalisé).
      3. Une fois l’enregistrement activé, les valeurs de corrélation pour chaque bougie seront enregistrées dans le fichier spécifié, dans le dossier MQL4/Files ou MQL5/Files.
  2. Ouvrir le fichier CSV :
    • Dans MT4/MT5, allez dans Fichier → Ouvrir le dossier des données → MQL4/Files ou MQL5/Files.
    • Importez le fichier dans Excel pour analyse : visualisation des tendances, statistiques, superpositions.

Créer des alertes sur les seuils de corrélation

  1. Clic droit sur l’indicateur de corrélation :
    • Dans la sous-fenêtre de l’indicateur, clic droit → Trading → Alerte (MT5) ou Alerte sur indicateur (MT4).
    • Si non disponible, assurez-vous que le code source de l’indicateur inclut les fonctions Alert() ou AlertCondition().
  2. Configurer l’alerte :
    • Condition : par ex. : “Coefficient de corrélation (EURUSD vs USDCHF) > –0,6”.
    • Valeur : seuil numérique (ex. : –0,6).
    • Source : nom de l’indicateur.
    • Action : Choisir Pop-up, Son, E-mail ou Notification (via MT5 mobile).
  3. Vérifier l’alerte :
    • Ouvrez le Terminal (Ctrl+T) → onglet Alertes. L’alerte doit apparaître avec le statut « Activée ».
    • Vous pouvez tester l’alerte temporairement avec un seuil déjà atteint.

Interpréter les corrélations dans MT4/MT5

  • Corrélation fortement positive (proche de +1) : les actifs évoluent de manière identique. Peu d’intérêt pour la diversification.
  • Corrélation fortement négative (proche de –1) : les actifs se couvrent naturellement (ex. : EURUSD vs USDCHF à –0,85).
  • Dérive vers zéro : une corrélation historiquement forte qui s’affaiblit (ex. : de –0,85 à –0,4) appelle à rééquilibrer les stratégies.
  • Périodes de forte volatilité : autour des annonces majeures, les corrélations peuvent fluctuer violemment. Toujours interpréter dans le contexte global du marché.

Résumé, FAQ et prochaines étapes

Points clés à retenir

  • La corrélation n’est pas la causalité : La corrélation mesure la co-mobilité entre actifs, mais ne prouve pas qu’un actif influence l’autre. Soyez vigilant face aux corrélations fallacieuses ou aux facteurs tiers invisibles.
  • Les relations évoluent dans le temps : Les corrélations historiques peuvent changer avec les cycles de marché. Un portefeuille diversifié aujourd’hui peut devenir fortement corrélé en période de stress. Utilisez des fenêtres glissantes et surveillez régulièrement l’évolution des relations (voir Section 5).
  • Avantages en matière de diversification et de couverture : Une matrice de corrélation permet d’identifier des actifs faiblement ou négativement corrélés. Leur combinaison peut réduire la volatilité globale. Les paires fortement négatives (ex. : EUR/USD vs USD/CHF) peuvent servir de couverture efficace en période d’incertitude.
  • Bien choisir sa période d’analyse : Les fenêtres courtes (ex. : 30 jours) capturent les dynamiques récentes mais sont plus sensibles au bruit. Les fenêtres longues lissent les fluctuations mais réagissent plus lentement. Choisissez une période adaptée à votre horizon de trading.
  • La mise en œuvre sur plateforme est essentielle : Que vous utilisiez MT4/MT5 ou une autre plateforme, assurez-vous de bien comprendre les paramètres de l’indicateur (sélection des symboles, durée d’analyse, prix utilisé) et définissez des alertes pour détecter toute rupture de corrélation.
  • Toujours contextualiser les corrélations : Les valeurs de corrélation peuvent fortement varier en cas d’événements comme des annonces de banques centrales, des chocs géopolitiques ou des tensions de liquidité (voir Section 4). Interprétez toujours les chiffres en lien avec la volatilité et l’actualité du marché.

Prochaines étapes

  • Ouvrez un compte démo gratuit avec AvaTrade et testez l’indicateur Correlation Coefficient sur MT4 ou MT5.
  • Essayez différentes périodes glissantes (ex. : 30 ou 60 jours) pour observer l’évolution des corrélations en temps réel.
  • Explorez nos pages sur les Stratégies de diversification et les Fondamentaux de la gestion du risque pour renforcer vos bases.
  • Configurez des alertes simples dans MT4/MT5 afin d’être averti immédiatement dès que les corrélations clés franchissent vos seuils.
  • Et si vous avez besoin d’assistance, n’hésitez pas à contacter notre service client.

FAQ

  • Que signifie une corrélation positive entre deux actifs ?

    Cela signifie qu’ils ont tendance à évoluer dans la même direction : si l’un monte, l’autre monte généralement aussi.

     
  • Pourquoi les corrélations changent-elles au fil du temps ?

    Les conditions de marché évoluent, donc une relation observée le mois dernier peut ne plus être valable aujourd’hui, surtout en période de turbulences.

     
  • Comment utiliser une fenêtre glissante pour la corrélation ?

    Une fenêtre glissante recalcule la corrélation sur une période récente (par exemple, les 30 derniers jours) afin de suivre l’évolution de la relation dans le temps.

     
  • Une corrélation nulle est-elle bonne ou mauvaise ?

    Une corrélation nulle signifie que les actifs ne bougent pas ensemble de manière prévisible ; cela peut favoriser la diversification, sans pour autant garantir une protection.